Entre 5 et 10 Km/heure

Publié le par chloenicolas

Puquio, 10h

Bon, il faut bien quitter les routes plates et les petites côtes des bords de mer un jour si nous voulons découvrir les Andes. C'est donc jeudi dernier que nous avons quitté Nasca pour aborder notre premier col. Je vous rassure tout de suite, on est arrivés en haut!!!!
     Pourtant cela ne commence pas très bien, après 30 minutes de vélo, Rustine ouine. Ca frotte, mais où ?? Après 1 heure de démontage de la roue arrière, du réglage du frein et du garde de boue, nous repartons. Rustine ne pleure plus et Chloé retrouve le sourire petit à petit.
     Au bout de 10 km, la route commence à grimper. Cela va durer 90 km quasi non stop!!! Au moins, il n'y a pas de surprises à attendre de ce coté là. Nous faisons ainsi une trentaine de kilomètres le 1er jour. Il règne une évidente chaleur et peu de forme vivante autour de nous, hormis les camions et voitures, qui nous doublent en nous encourageant du klaxon. Mais, il n'y en a beaucoup, moins que sur la route jusqu'à Nasca. Il est 15h30 maintenant et nous n'avons pas croisé de village depuis notre départ et il ne semble pas y en avoir avant plusieurs kilomètres. Nous décidons dons de rechercher un coin pour dormir, isolé, afin de ne pas être dérangé pendant la nuit. Après avoir été scruter ce qui se cache derrière un bloc de béton (toilette publiaue à 1 500m), nous trouvons quelques centaines de mètres plus loin un endroit plan et en contre-bas de la route. On ne sera pas vu. On est un peu près de la route, mais cela va le faire. Tous nos sens sont en éveil dans ce lieu si silencieux, si calme (ça nous change de l'hotel à Nasca...). Pas un bruit, des montagnes devant nous et maintenant, presque plus de camions sur la route. Après avoir préparer le repas du soir, du midi suivant et l'eau du petit déj, nous regagnons notre tente et nous nous endormons vers 20h!! Oui oui, 20h, cela fait presque deux heures que le soleil est couché et nous sommes quelques peu fatigués!!!
                       

     Le lendemain, ça continue à monter, et le premier village où nous espérons trouver de l'eau n'arrive pas. La soif commence à nous gagner. Je n'arrête pas de penser à des produits frais comme des yaourts, des jus de fruits, etc.  Ça me travaille et je ne vois plus la dureté de la côte. Chloé, elle gère le truc tranquillement, sans pensée farfelue. Alors que nous dépassons pour la énième fois un chantier sur la route, chloé apperçoit une grosse bonbonne d'eau pour les ouvriers. Nous demandons poliment de prendre de l'eau, ce qu'ils acceptent gentillement. Nous voilà bien soulagés. 8 km plus loin, nous arrivons à ce fameux village, où nous trouverons 3L d'eau (tout le stock) et 2 coca. Les villageois nous préviennent que nous dégoterons un restaurant 10km plus loin. Ce aui est vrai. Entre deux nous passons un panneau indiquant que nous sommes à 2 722 m d'altitude. Au restaurant, ce fût toute une aventure : ne comprenant pas ce que la cuisinière peut nous préparer, Chloé rentre dans la cuisine et fait son choix pour les ingrédients de notre soupe (bouillon, mouton, pâtes, oeuf et pomme de terre), ainsi qu'une assiette pour deux de riz et de 3 oeufs sur le plat. Nous n'avons plus faim, mais qu'est que je bois !!! Un jus de fruit et 1L d'eau en plus du demi litre de bouillon !!!!!!

     Vers 15h, nous commençons à chercher où faire un fair un bivouac, mais les pierres recouvrant le sol ne sont pas acceuillantes. Ça fait 36 km que nous montons et la fatigue nous gagne!! Nous trouvons enfin un endroit à 500 m de la route en pleine pente et au milieu des pierres.. Nous courons avec les vélos afin de ne pas être vu.. A priori cela a marché. Par contre, il fait froid, vers 19h nous sommes dans nos duvets (on a alors même plus froid).. nous apprendrons deux jours plus tard qu'il a fait moins de 0 degrés pendant la nuit.

     Pour notre 3ème jour de montée, nous n'avons que 26 km à faire et espérons trouver un hôtel à Pampa Galleras. D'hôtel, nous ne trouvons point, mais un dortoir avec comme voisins, 3 "garde-chasse", qui tirent au fusil les vigognes l'après midi.. Bien évidement, il n'y a pas d'eau chaude. Il fait aussi froid à l'exterieur qu'à l'interieur!!! 
     Etant arrivés vers midi, nous avons l'heureuse surprise de croiser deux marcheurs français avec qui nous partageons le repas (nous des pâtes et eux un paquet de gateaux chacun). On a trop faim pour eux, mais ils ne veulent pas de nos pâtes!!!!

     Pour arriver au refuge, nous avons passé un col à environs 4 100 m d'après Ana auprès de qui nous nous sommes restauré et avons parlé. Enfin presque, nous nous sommebeaucoup servis de notre petit dictionnaire pour nous comprendre!!!
     Nous ne vous avons pas parlé du mal de l'altitude car nous ne l'avons pas du tout resenti. Cela sans doute grâce à notre faible vitesse de croisière.
    Cette 3ème journée a été aussi marquée par l'apprition des vigognes. Il y en a à perte de vue. Elles sont géneralement à quelques metres de la route et nous regardent passer quand elles ne traversent pas juste devant nous.
                       
     Enfin, pour les cyclistes, nous sommes restés pendant 3 jours sur le petit plateau et avons navigué entre la vitesse une et trois !!!

     Nous sommes super contents d'avoir reussi cette ascension et beaucoup soulagé sur notre capacité à avancer malgré notre souffle court. L'étape de demain, nous fera changer de monde en l'espace de quelques kilomètres...

Publié dans Pérou

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B
Merci pour vos récits, merci pour vos photos, ça fait tellement du bien de vous lire!!! On voyage avec vous... c'est fabuleux!!!<br /> Vivement la prochaine "ville"!!!<br /> Enormes bisous à tous les 2
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N
c 'est clair que l'on s'y croirait....ca fait rever un peu....préssée de voir la suite des phtoots ds quelques jours. gros gros bizoos à vs 2
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L
Très beau récit, on s'y croirait !<br /> <br /> Bon courage pour la suite.
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B
Toujours de belles photos et beaux récits. Pas trop dur les montées avec l'altitude??? parce que 4100metres, c'est haut et l'oxygene est plus rare (bon, je ne suis pas sportive, alors 3000 mètres dans les Alpes, c'est déjà le bout du monde au niveau des efforts !!!)<br /> a bientot et bon courage pour la suite du périple<br /> bises parisiennes (35°C prévus demain à Paris, je veux un peu de la fraicheur péruvienne!!!)
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C
<br /> Nous n´avons toujours pas vu la pluie... j´espère d´ailleurs que cela sera le plus tard possible. Pour l´oxygène, cela est un peu difficile parfois, mais cela n´a jamais été handicapant.<br /> Profites du soleil et de la chaleur, car cela ne dure jamais trop longtemps en france...<br /> <br /> <br />