Extrait de carnet de voyage du jeudi 14 janvier
J182 Vang vieng (Laos) 89km
18h
Nous nous sommes donc attaqués aux montagnes. Le premier jour, hier, n’a pas été difficile : ca ne montait pas vraiment et il n’y avait que 70 km à parcourir. Le paysage était assez aride et moche. La journée fût à son comble à la bourgade d’arrivée en plein travaux de voierie. La seule guest house, dont on se demande si ce n’était pas l’hôtel de passe, était pour le moins glauque : sans fenêtre, avec grosses bébêtes.
Nous arrivons à Vang Vieng au bout de 90 km par la seule route accessible. Mais contrairement aux autres villes, la vie semble ailleurs, juste à coté de nous, derrière un immense espace vide et goudronné. Nous ne voyons que l’arrière des maisons. Pourtant, aucune route perpendiculaire s’offre à nous pour nous y rendre. Nous longeons un bon moment en parallèle jusqu’à trouver une bifurcation à gauche. Nous tombons sur une guest house “hosteling international” et y descendons : on a la carte de membre, du coup ça ne nous coûte que 50 000 kip (4 euros). Le critère “wifi free” finit de décider Nico.
L’auberge étant au début du village, on ne voit immédiatement dans quel étrange endroit on a débarqué. C’est en allant manger après une bonne douche que je découvre une “vie parallèle”. Pas des extraterrestres, non, mais pire que ca : des jeunes touristes. Des palanquées de jeunes, quasi à poil, en pleine nuit, revenant en van chargés de grosses bouées encore dégoulinantes de je ne sais quelle expédition. La moitié des “jeun’s” sont complètement bourrés. Dans un pays aussi pudique que le Laos, où les ados ne se tiennent même pas par la main, cette presque nudité crue nous choque. Les rues ne sont que bars branchés, restos, superettes aux têtes de gondole chargées de “pringles”, et boutiques “Billabong”. Pas un promeneur laotien en vue. Nico ne trouve qu’un minuscule marché local avec 3 fruits à vendre qu’au bout du village. Ça sent le shit dès qu’on passe devant un bar, dans lesquels sont affalés des dizaines de jeunes occidentaux bien gaulés et tatoués sur des sofas alignés devant la télé. Ces bars sont fait comme un cinoche, mais où l’on ne diffuserait qu’un seul programme en boucle : “friends”. Évidemment, ils ont tous une "Beerlao 66cl" à la main. Ils sont le plus souvent seuls, comme on l’est forcément devant la télé.
J’ai honte de mes semblables. Ils n’ont heureusement que la couleur de peau, l’âge et le porte monnaie en commun avec moi.
Tout compte fait, c’est peut être bien des extraterrestres… En tout cas, ici, ils en ont tout l'air!
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