Témoignages.
Kampong Cham, 16h
Le 27 novembre fût pour nous une difficile journée.
Difficile car nous avons pris conscience de réalités seulement entr'aperçues au travers de reportages télé ou de livres. Difficile, certes, mais notre mal être est si dérisoire par rapport au sort des victimes que nous avons vues… Ce n’est plus de nous, mais d’elles que nous allons parler. De ces hommes, femmes et enfants torturés à mort par les Khmers Rouges, ces fanatiques, de 1975 à 1979. De ces enfants exploités par des adultes (parfois leur mère) pour gagner de l’argent en vendant des livres aux touristes dans les rues. De ces prostituées toujours accompagnées d’hommes occidentaux dans les bars.
Le matin du 27, nous sommes allés visiter le centre S21 à Phnom Penh. Cette ancien lycée a été transformé par les Khmers Rouges en prison de torture en
1975. 20 000 prisonniers y sont entrés, et seul 7 en sont ressortis vivants. Tous
les autres y ont été torturés puis tués, systématiquement. Leurs bourreaux n’avaient pas plus de 16 ans. Et s’ils refusaient de torturer, ils l’étaient eux-mêmes, puis achevés, comme les autres, une balle dans la tête, au dessus d’une des nombreuses fosse commune. Mais combien étaient ces fous persécuteurs de tout un peuple? Une poignée, prête à tout pour purger le peuple et liquider tout opposant au régime. Les enfants sont au cœur du système. Comme ils sont naïfs et malléables, il est facile d’en faire des mouchards ou des tueurs. Un efficace système d’écoute et de dénonciation dans chaque famille permet d’entretenir la mythomanie de Pol Pot. Les prisonniers du S21 été amenés pour avouer qu’ils étaient espions, complices du FBI. Certains n’avaient pas 5 ans… En ce moment, et seulement maintenant, les chef du S21, Duch, est jugé pour crime contre l’humanité.
![P1090188 [640x480]](http://img.over-blog.com/225x300-ffffff/2/45/57/53/Cambodge/P1090188--640x480-.JPG)
L’après-midi, nous nous sommes promenés le long du Bassac, l’affluent principal du Mékong, à Phnom Penh. Mais il est difficile d’y flâner tranquillement. Toutes les 5 minutes, un gamin se collait à nous pour qu’on lui achète ses livres et autres guides Lonely Planet. Systématiquement, nous lui disons non. Se laisser attendrir par ces enfants de 10 ans entretiendrait malheureusement le système de leur exploitation et bien sûr, aucun revenu une leur est directement accordé. C’est la mère ou un type de la rue qui ramasse le pactole. Et pendant ce temps là, ces enfants ne vont pas à l’école. Comme ils travaillent des journées entières, jusqu’à 19 heures le soir, ils n’ont pas le temps de jouer non plus. Pour eux, pas de rêve, la réalité du travail est bien là…
Le soir, un peu moroses, nous sortons dîner dans un bar à touristes dans le même quartier. C’est dans ces bars dits « branchés » que les filles du soir font leurs œuvres. A notre terrasse d’une dizaine de tables, une est occupée par un couple européen (nous) et à quatre autres sont attablés une homme blanc (de tout âge) (ou parfois 2) et une (ou plusieurs) très jeune fille (vietnamienne le plus souvent). Il n’y a pas besoin d’être très observateur pour comprendre que ces filles sont avec ces hommes pour leur argent. La prostitution est flagrante, tant par la proportion de couples « mixtes » que par l’attitude des filles. Nous ne nous sentons pas très à l’aise. Au contraire, on entend dire de la bouche d’un de ces vieux bonshommes à un jeune mal à l’aise que « ça fait bien longtemps qu’il ne voit plus les regards des gens autour de lui ». Et en effet, rien ne semble le perturber. Il se pavanerait presque…
10% des touristes français choisissent leur destination en fonction de l’offre sexuelle. 10 %… Ces hommes seuls me font pitié dans cette relation de dragouille à deux balles! Mais qu’est-ce qu’ils croient! Qu’il plaisent encore aux femmes? A quoi servent ces faux-semblants et ces discussions superflues? Tout est faux dans ces relations!
Et ces pauvres filles! Pour certaines, on se demande si elles sont majeures! Derrière tout ça , il y a bien sûr un proxénète qui récupère son gros pourcentage. Ont-elles étaient libres de choisir ce métier ou les a-t-on forcées? Ce système d’exploitation des corps me dégoutte! N’importe où qu’il soit.
Fin de la journée. Je suis contente d’avoir vu ces réalités, même si elles sont difficiles à supporter. En tout cas, cette journée n’aura fait qu‘ébranler un peu plus ma foi en l‘Homme, et plus particulièrement en l’homme.
Heureusement, Nico est là pour me rendre plus optimiste… Le baroudeur celui là!!!
Le 27 novembre fût pour nous une difficile journée.
Difficile car nous avons pris conscience de réalités seulement entr'aperçues au travers de reportages télé ou de livres. Difficile, certes, mais notre mal être est si dérisoire par rapport au sort des victimes que nous avons vues… Ce n’est plus de nous, mais d’elles que nous allons parler. De ces hommes, femmes et enfants torturés à mort par les Khmers Rouges, ces fanatiques, de 1975 à 1979. De ces enfants exploités par des adultes (parfois leur mère) pour gagner de l’argent en vendant des livres aux touristes dans les rues. De ces prostituées toujours accompagnées d’hommes occidentaux dans les bars.
Le matin du 27, nous sommes allés visiter le centre S21 à Phnom Penh. Cette ancien lycée a été transformé par les Khmers Rouges en prison de torture en
les autres y ont été torturés puis tués, systématiquement. Leurs bourreaux n’avaient pas plus de 16 ans. Et s’ils refusaient de torturer, ils l’étaient eux-mêmes, puis achevés, comme les autres, une balle dans la tête, au dessus d’une des nombreuses fosse commune. Mais combien étaient ces fous persécuteurs de tout un peuple? Une poignée, prête à tout pour purger le peuple et liquider tout opposant au régime. Les enfants sont au cœur du système. Comme ils sont naïfs et malléables, il est facile d’en faire des mouchards ou des tueurs. Un efficace système d’écoute et de dénonciation dans chaque famille permet d’entretenir la mythomanie de Pol Pot. Les prisonniers du S21 été amenés pour avouer qu’ils étaient espions, complices du FBI. Certains n’avaient pas 5 ans… En ce moment, et seulement maintenant, les chef du S21, Duch, est jugé pour crime contre l’humanité.
L’après-midi, nous nous sommes promenés le long du Bassac, l’affluent principal du Mékong, à Phnom Penh. Mais il est difficile d’y flâner tranquillement. Toutes les 5 minutes, un gamin se collait à nous pour qu’on lui achète ses livres et autres guides Lonely Planet. Systématiquement, nous lui disons non. Se laisser attendrir par ces enfants de 10 ans entretiendrait malheureusement le système de leur exploitation et bien sûr, aucun revenu une leur est directement accordé. C’est la mère ou un type de la rue qui ramasse le pactole. Et pendant ce temps là, ces enfants ne vont pas à l’école. Comme ils travaillent des journées entières, jusqu’à 19 heures le soir, ils n’ont pas le temps de jouer non plus. Pour eux, pas de rêve, la réalité du travail est bien là…
Le soir, un peu moroses, nous sortons dîner dans un bar à touristes dans le même quartier. C’est dans ces bars dits « branchés » que les filles du soir font leurs œuvres. A notre terrasse d’une dizaine de tables, une est occupée par un couple européen (nous) et à quatre autres sont attablés une homme blanc (de tout âge) (ou parfois 2) et une (ou plusieurs) très jeune fille (vietnamienne le plus souvent). Il n’y a pas besoin d’être très observateur pour comprendre que ces filles sont avec ces hommes pour leur argent. La prostitution est flagrante, tant par la proportion de couples « mixtes » que par l’attitude des filles. Nous ne nous sentons pas très à l’aise. Au contraire, on entend dire de la bouche d’un de ces vieux bonshommes à un jeune mal à l’aise que « ça fait bien longtemps qu’il ne voit plus les regards des gens autour de lui ». Et en effet, rien ne semble le perturber. Il se pavanerait presque…
10% des touristes français choisissent leur destination en fonction de l’offre sexuelle. 10 %… Ces hommes seuls me font pitié dans cette relation de dragouille à deux balles! Mais qu’est-ce qu’ils croient! Qu’il plaisent encore aux femmes? A quoi servent ces faux-semblants et ces discussions superflues? Tout est faux dans ces relations!
Et ces pauvres filles! Pour certaines, on se demande si elles sont majeures! Derrière tout ça , il y a bien sûr un proxénète qui récupère son gros pourcentage. Ont-elles étaient libres de choisir ce métier ou les a-t-on forcées? Ce système d’exploitation des corps me dégoutte! N’importe où qu’il soit.
Fin de la journée. Je suis contente d’avoir vu ces réalités, même si elles sont difficiles à supporter. En tout cas, cette journée n’aura fait qu‘ébranler un peu plus ma foi en l‘Homme, et plus particulièrement en l’homme.
Heureusement, Nico est là pour me rendre plus optimiste… Le baroudeur celui là!!!

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